Il n’existe tout compte fait que deux sortes de péchés mortels en politique : ne défendre aucune cause et n’avoir pas le sentiment de sa responsabilité – deux choses qui sont souvent, quoique pas toujours, identiques. La vanité ou, en d’autres termes, le besoin de se mettre personnellement, de la façon la plus apparente possible, au premier plan, induit le plus fréquemment l’homme politique en tentation de commettre l’un ou l’autre de ces péchés ou même les deux à la fois. D’autant plus que le démagogue est obligé de compter avec « l’effet qu’il fait » – c’est pourquoi il court toujours le danger de jouer le rôle d’un histrion ou encore de prendre trop à la légère la responsabilité des conséquences de ses actes, tout occupé qu’il est par l’impression qu’il peut faire sur les autres. D’un côté, le refus – de se mettre au service d’une cause le conduit à rechercher l’apparence et l’éclat du pouvoir au lieu du pouvoir réel ; de l’autre côté, l’absence du sens de la responsabilité le conduit à ne jouir que du pouvoir pour lui-même, sans aucun but positif.
— Max Weber, Le métier et la vocation d’homme politique
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il cachait sous une égale bonhommie,
les ressorts d’une quotidienne tragédie,
de ces drames si habituels,
qu’on n’y cherche plus querelle.
il se complimentait de son état,
se trouvant encore bien des appâts,
sans que rien ne puisse le contredire,
il se plaisait à en rougir.
il s’incarnait si bien,
que son costume chaque matin,
le seyait à merveille,
il rutilait sans pareil.
il se donnait en spectacle,
pour lui point de débâcle,
à être son seul spectateur,
les critiques n’en sont que meilleures.
il se regardait tellement lui-même,
qu’en traversant la rue,
il fut renversé par un tandem ;
dans son testament on lut :
“qu’un cercueil de miroirs,
soit mon dernier isoloir.”
anarkali, le vaniteux, 9 sept. 07 —
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